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17 novembre 2005

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Maroc Londre

Tourisme: La destination Maroc s’invite à Londres

· World Travel Market se tient du 14 au 17 novembre dans la capitale britannique

· Quelque 17 organismes et opérateurs marocains font le déplacement


Le salon professionnel World Travel Market (WTM) ouvre ses portes ce lundi 14 novembre dans la capitale britannique, Londres. Il s’agit de la 26e édition d’un événement annuel réservé exclusivement aux professionnels du tourisme et destiné à l’industrie du voyage. Le WTM est le premier salon du genre en Grande-Bretagne et le 2e mondial après l’ITB de Berlin. Près de 20.000 visiteurs y sont attendus. Plus de 55% d’entre eux sont des Britanniques.
Le Maroc y est présent en force. Pour l’édition 2005 du WTM, la superficie du pavillon marocain est de 190m2, en plus de 25m2 supplémentaires retenus indépendamment par la région d’Agadir-Souss-Massa-Draâ. C’est ce qui ressort d’un document sur le marché britannique, élaboré pour l’occasion par le Centre régional du tourisme de Rabat et récemment rendu public. Quelque 17 organismes et opérateurs exposants nationaux participent à cette grand-messe du tourisme mondial. Parmi eux, quatre Centres régionaux de tourisme (Agadir et Ouarzazate, Marrakech, Essaouira et sud, Fès et Maknès en plus de Rabat). Agences de voyages, transporteurs et opérateurs hôteliers sont également du voyage. L’intérêt des opérateurs marocains s’explique par l’importance du marché britannique, deuxième mondial à l’export avec 64 millions de touristes en 2004 pour 646 millions de nuitées. Il tient également à l’enthousiasme suscité par la destination auprès les professionnels britanniques. A commencer par les tour-opérateurs (T.O).
Près de 150 d’entre eux ont programmé la destination Maroc en 2005.
Depuis le 1er novembre, l’ensemble des T.O britanniques intégrés ont des programmes sur le Maroc. Cela, pour un nombre total de 210.000 touristes britanniques pour 750.000 nuitées attendus cette année. Pour 2006, l’ambition est de ramener ces chiffres à 262.000 touristes pour 900.000 nuitées.
Une ambition plutôt modeste au vu des potentiels qu’offre ce marché. En 2004, et dans le monde, les touristes britanniques ont dépensé au total 48 milliards de dollars US. La moyenne quotidienne de dépenses est plutôt élevée. Elle tourne autour de 750 dollars. La durée moyenne de séjour, elle, est de 10 jours. Le plus gros des touristes anglais (44%) est constitué de jeunes de moins de 34 ans. Leur préférence va essentiellement au tourisme balnéaire (57%) et culturel (16%). En témoignent les pays les plus visités qui sont l’Espagne, avec plus de 13 millions de touristes britanniques, et la France qui en compte 12 millions annuellement. Le Maroc vient en cinquième position, loin derrière la Turquie et la Tunisie.
Par villes, près de 80% des programmes des T.O se limitent à Marrakech et Agadir. Les autres destinations ne bénéficient pas de la même attention. Les raisons sont multiples. A commencer par le manque de liaisons aériennes directes, l’inadaptation de la capacité d’hébergement et l’insuffisance de la promotion. La destination pèche également par manque de notoriété auprès de la population britannique. Une situation que les opérateurs des deux pays tentent actuellement de pallier. Les quatre grands T.O, à savoir TUI, Thomas Cook, My Travel et First Choice, ont marqué leur retour sur Agadir. S’ajoute à cela la mise en place de départs régionaux à partir du Royaume-Uni (Manchester, Bermingham, Bristol, New Castle) et de la République d’Irlande (Dublin, Cork et Shanon). Au total, 28 vols réguliers ont lieu par semaine entre le Maroc et la Grande-Bretagne.
La promotion de la destination Maroc gagnerait également à s’adapter aux caractéristiques propres au marché britannique. Ce dernier est défini comme étant fortement structuré. Les quatre plus grands T.O mondiaux précités y sont fortement présents. Idem pour la distribution, où les plus grands réseaux mondiaux (Lunn Poly, Going Places, Thomas Cook Travel, First Choice Retail…) sont très actifs.
Marqué par une évolution fulgurante de l’utilisation d’Internet dans le domaine des voyages, le marché britannique est également caractérisé par une croissance très importante des Low Cost. Les stratégies des T.O s’en trouvent changées. Le package traditionnel ne représente plus qu’une partie de leur gamme de produit. Celle-ci est de plus en plus tournée vers une offre unique (seat only, accommodation only…)
D’ailleurs, et pour maintenir leur part de marché, les quatre principaux T.O ont créé leurs propres compagnies aériennes. Actuellement, ils détiennent 30% du total du trafic dans cette catégorie. Le marché britannique est également marqué par une politique de réduction draconienne des prix des packages. Cette politique se traduit par l’élimination progressive des intermédiaires et agents de voyages.

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Agadir

Agadir: Le tourisme dope l’investissement

· Selon le CRI, ce secteur va injecter plus de 2,6 milliards de DH

· Des investissements qui vont générer plus de 1.700 emplois


· Des fiches métiers pour booster l’entreprenariat dans la région


Le secteur du tourisme continue à être la locomotive de développement de la région Souss-Massa-Drâa. C’est ce qui ressort du bilan relatif aux neuf premiers mois de l’année 2005 du CRI (centre régional d’investissement). D’après les informations contenues dans ce document, 70 projets touristiques d’un coût global de plus de 2,6 milliards de DH, ont reçu un avis favorable après traitement par le département d’aide à l’investissement du CRI.
Ces investissements, précise la même source, devraient générer à terme plus de 1.700 emplois. Au cours de l’année 2005, les emplois créés par ce secteur, suite à la création d’entreprises, sont estimés à 2.298. Le plan Azur, stratégie de développement du secteur du tourisme et le rôle que joue la station balnéaire dans ce programme, est bien sûr pour beaucoup dans l’intérêt que porte les promoteurs à cette activité. Celle-ci est encore fortement prometteuse en raison des nombreuses unités d’aménagements touristiques en perspective dans la région, sans oublier le programme initié par le Conseil régional pour le développement de la microentreprise touristique.
Les autres activités qui se développent dans la région sont également porteuses d’emplois.
«Tous secteurs confondus, les emplois créés durant l’année 2005 sont au nombre de 2.547», indiquent les représentants du CRI. De janvier à septembre dernier, l’établissement a aussi traité plus de 840 nouvelles demandes de création d’entreprises, soit une nette progression de 33% comparativement à la même période de l’année 2004. Pour l’activité minière, plus de 262 autorisations d’exploitation ont été délivrées par le wali de la région.
Les zones concernées sont essentiellement la province de Ouarzazate, Taroudant, Tiznit et enfin Zagora avec respectivement 42, 29, 19 et 8% du nombre des autorisations accordées. Outre l’accomplissement des procédures administratives liées à la création d’entreprises et aux projets d’investissement, le CRI du Souss-Massa-Drâa a élaboré et édité cinq fiches métiers relatives au domaine de l’animation touristique. Cinq filières sont concernées par le travail réalisé. Il s’agit des activités sportives et de plein air, les activités culturelles, les excursions touristiques, le transport, la restauration ainsi que les activités nocturnes. L’initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme de développement de la microentreprise mis en oeuvre par le Conseil régional, se présente sous la forme d’études de préfaisabilité. Ces documents ont pour objectif de contribuer au développement de l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes diplômés.
Il s’agit de même d’éclairer les potentiels promoteurs sur les spécificités de la région et de la profession. Pour cela, les fiches métiers proposent une méthodologie indicative sur le cheminement, allant de l’étude à la finalisation du projet ainsi que les données aussi bien économiques, techniques et financières qui lui sont inhérentes.

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Un plan pour l’artisanat, comme pour le tourisme

Un plan pour l’artisanat, comme pour le tourisme

· Une Vision 2015

· Créer des champions nationaux


· Un système de couverture sociale à mi-chemin entre l’AMO et le RAMED


Aux oubliettes, le Livre blanc de Lahlimi, la Stratégie L’khalifa et les autres littératures des anciens ministres de l’Artisanat!
Adil Douiri fait la promotion d’une Vision 2015 loin «des idéologies irréalistes», c’est son expression. Ceux qui croient que cet ancien banquier d’affaires, reconverti à la politique de haut niveau, fera du social se trompent lourdement: il veut que les artisans fassent des affaires et le social viendra tout seul.
Douiri veut créer des champions nationaux, capables de répondre à la forte demande à l’international et d’avoir des effets d’entraînement sur tout le secteur.
Le ministre cherche à mettre fin à une bizarrerie économique. L’artisanat du Maroc est très demandé à l’international, mais il n’y a pas de producteurs: tout le mode sourit de cet énoncé raccourci, et pourtant c’est bien vrai: l’ethnique est à la mode, une mode qui ne passe pas, le typiquement marocain est demandé et personne n’en fabrique, sauf... des Chinois! «C’est comme si vous avez beaucoup de touristes et pas assez d’hôtels», s’indigne celui qui a participé à la conception et qui veille aujourd’hui sur la réalisation de la «Vision 2010» pour le tourisme.
Il est vrai que le plan du tourisme et ses réussites ont montré le chemin. Ce qui facilite l’acceptation d’objectifs à moyen terme pour un secteur aussi complexe que l’artisanat. Mais, le même exemple fait dire au ministre que «tant que les premières victoires ne sont pas là avec leur valeur d’exemple, il restera des montagnes à franchir».
Mais, en attendant de montrer les premiers fruits, il faut semer les graines.
Le contrat-programme pour l’artisanat sera bouclé fin novembre. Par la suite, démarreront les négociations avec le ministère des Finances.
Il faut préciser que la Vision 2015 pour l’artisanat se fera à cercles concentriques, comme pour le contrat du tourisme. Car autour des champions nationaux, gravitera un réseau de PME qui, à leur tour, sous-traiteront chez des mono-artisans urbains et ruraux.
De cette manière, chaque maillon de la chaîne entraînera l’autre dans l’effort de développement. D’un côté, le produit national gagnera en notoriété, en qualité et sera mieux distribué. De l’autre, le petit artisan pourra améliorer ses revenus, diversifier ses clients et même avoir une couverture sociale.
Rajouter des richesses et non transformer une réalité existante. C’est ce que veut ce plan.

· Des cercles concentriques


Pour ce fait, d’ici 2015, le gouvernement compte aider à la création d’une quinzaine de manufactures championnes avec un chiffre d’affaires visé de 200 à 300 millions de DH par acteur. Ces manufactures évolueront selon une vision contractuelle tripartite: Etat, distributeur, entreprise. Elles seront sélectionnées par appel d’offres incluant plusieurs critères relatifs à la solidité financière, la qualité de management et à l’orientation vers l’export.
Ces grosses structures seront soutenues dans deux filières à fort potentiel de croissance et qui ont été retenues dans la stratégie McKinsey: la bijouterie et la décoration. Les concepteurs de la stratégie ont choisi ces filières pour trois raisons: disponibilité de la matière première, présence d’un embryon d’acteurs structurés et puis une forte demande.
Les bijoux en argent se vendent très bien, malgré le manque de matière première locale, destinée en priorité à l’export. Néanmoins, les concepteurs de la stratégie estiment que l’approvisionnement ne présentera pas de difficultés.
La décoration est un concept général qui englobe plusieurs produits et donc plusieurs métiers: le fer forgé, l’ameublement, la poterie, la céramique…
Toujours selon la logique des cercles concentriques, une deuxième couche à fort potentiel a été localisée: c’est l’équipement des hôtels qui se développe avec la Vision 2010. Et en troisième lieu, il y a l’habillement traditionnel. Une politique de promotion du caftan a été d’ailleurs lancée à l’étranger.
Contrairement à la manufacture qui nécessite des compétences managériales confirmées, les PME peuvent être gérées par un artisan qui a évolué ou des investisseurs marocains et étrangers. Pour répondre à la demande croissante, le nombre d’entreprises devrait ainsi passer de 60 PME actuelles (au chiffre d’affaires global de 510 millions de DH par PME) à 200 ou 300 PME (avec un chiffre d’affaires global de 4 à 5 milliards de DH).
Les retombées sur le mono-artisan? D’abord, une amélioration et une régularité des salaires pour les nouvelles recrues. Les projections tablent sur un salaire minimum de 2.000 DH d’ici 2015. Vu le niveau et l’instabilité de la rémunération actuelle, c’est un point positif. Mais il est difficile de comprendre qu’on puisse arriver à un si petit salaire sur une longue période.
L’autre retombée sur les artisans est qu’une partie du chiffre d’affaires des PME sera externalisée et répercutée sur la micro-entreprise. L’artisan travaillera ainsi en tant que fournisseur, mais pourra toujours fabriquer et vendre directement.
Le financement sera assuré par deux banques de la place selon une nouvelle approche à mi-chemin entre le système du microcrédit et celui du crédit classique. De cette manière, la stratégie pourra améliorer le niveau de vie de cette population.
Là où le plan innove, c’est au niveau de la couverture sociale pour les artisans. Il fallait envisager un système ad hoc pour cette population qui ne peut pas payer la CNSS.
Douiri convient que c’est un chantier difficile et ambitieux. «Il est illusoire de créer une couverture sociale pour les artisans. L’équilibre économique est farfelu et puis, nous ne pouvons pas concevoir un système pour une catégorie et pas pour une autre», explique le ministre.
Le système envisagé sera à mi-chemin entre l’AMO et le Ramed. Visiblement, le gouvernement cherche à créer un matelas pour meubler un peu l’énorme fossé entre les deux systèmes.
Le projet doit tenir en compte la situation de l’artisan, en tant que sous-traitant mobile, qui ne peut être déclaré. Dans cette nouvelle conception, le mot «salarié» ne sera pas utilisé. L’important est de vérifier si l’artisan est couvert, sans s’attarder sur l’identité de celui qui a payé.

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