· Une Vision 2015
· Créer des champions nationaux
· Un système de couverture sociale à mi-chemin entre l’AMO et le RAMED
Aux oubliettes, le Livre blanc de Lahlimi, la Stratégie L’khalifa et les autres littératures des anciens ministres de l’Artisanat! Adil Douiri fait la promotion d’une Vision 2015 loin «des idéologies irréalistes», c’est son expression. Ceux qui croient que cet ancien banquier d’affaires, reconverti à la politique de haut niveau, fera du social se trompent lourdement: il veut que les artisans fassent des affaires et le social viendra tout seul. Douiri veut créer des champions nationaux, capables de répondre à la forte demande à l’international et d’avoir des effets d’entraînement sur tout le secteur. Le ministre cherche à mettre fin à une bizarrerie économique. L’artisanat du Maroc est très demandé à l’international, mais il n’y a pas de producteurs: tout le mode sourit de cet énoncé raccourci, et pourtant c’est bien vrai: l’ethnique est à la mode, une mode qui ne passe pas, le typiquement marocain est demandé et personne n’en fabrique, sauf... des Chinois! «C’est comme si vous avez beaucoup de touristes et pas assez d’hôtels», s’indigne celui qui a participé à la conception et qui veille aujourd’hui sur la réalisation de la «Vision 2010» pour le tourisme. Il est vrai que le plan du tourisme et ses réussites ont montré le chemin. Ce qui facilite l’acceptation d’objectifs à moyen terme pour un secteur aussi complexe que l’artisanat. Mais, le même exemple fait dire au ministre que «tant que les premières victoires ne sont pas là avec leur valeur d’exemple, il restera des montagnes à franchir». Mais, en attendant de montrer les premiers fruits, il faut semer les graines. Le contrat-programme pour l’artisanat sera bouclé fin novembre. Par la suite, démarreront les négociations avec le ministère des Finances. Il faut préciser que la Vision 2015 pour l’artisanat se fera à cercles concentriques, comme pour le contrat du tourisme. Car autour des champions nationaux, gravitera un réseau de PME qui, à leur tour, sous-traiteront chez des mono-artisans urbains et ruraux. De cette manière, chaque maillon de la chaîne entraînera l’autre dans l’effort de développement. D’un côté, le produit national gagnera en notoriété, en qualité et sera mieux distribué. De l’autre, le petit artisan pourra améliorer ses revenus, diversifier ses clients et même avoir une couverture sociale. Rajouter des richesses et non transformer une réalité existante. C’est ce que veut ce plan.
· Des cercles concentriques
Pour ce fait, d’ici 2015, le gouvernement compte aider à la création d’une quinzaine de manufactures championnes avec un chiffre d’affaires visé de 200 à 300 millions de DH par acteur. Ces manufactures évolueront selon une vision contractuelle tripartite: Etat, distributeur, entreprise. Elles seront sélectionnées par appel d’offres incluant plusieurs critères relatifs à la solidité financière, la qualité de management et à l’orientation vers l’export. Ces grosses structures seront soutenues dans deux filières à fort potentiel de croissance et qui ont été retenues dans la stratégie McKinsey: la bijouterie et la décoration. Les concepteurs de la stratégie ont choisi ces filières pour trois raisons: disponibilité de la matière première, présence d’un embryon d’acteurs structurés et puis une forte demande. Les bijoux en argent se vendent très bien, malgré le manque de matière première locale, destinée en priorité à l’export. Néanmoins, les concepteurs de la stratégie estiment que l’approvisionnement ne présentera pas de difficultés. La décoration est un concept général qui englobe plusieurs produits et donc plusieurs métiers: le fer forgé, l’ameublement, la poterie, la céramique… Toujours selon la logique des cercles concentriques, une deuxième couche à fort potentiel a été localisée: c’est l’équipement des hôtels qui se développe avec la Vision 2010. Et en troisième lieu, il y a l’habillement traditionnel. Une politique de promotion du caftan a été d’ailleurs lancée à l’étranger. Contrairement à la manufacture qui nécessite des compétences managériales confirmées, les PME peuvent être gérées par un artisan qui a évolué ou des investisseurs marocains et étrangers. Pour répondre à la demande croissante, le nombre d’entreprises devrait ainsi passer de 60 PME actuelles (au chiffre d’affaires global de 510 millions de DH par PME) à 200 ou 300 PME (avec un chiffre d’affaires global de 4 à 5 milliards de DH). Les retombées sur le mono-artisan? D’abord, une amélioration et une régularité des salaires pour les nouvelles recrues. Les projections tablent sur un salaire minimum de 2.000 DH d’ici 2015. Vu le niveau et l’instabilité de la rémunération actuelle, c’est un point positif. Mais il est difficile de comprendre qu’on puisse arriver à un si petit salaire sur une longue période. L’autre retombée sur les artisans est qu’une partie du chiffre d’affaires des PME sera externalisée et répercutée sur la micro-entreprise. L’artisan travaillera ainsi en tant que fournisseur, mais pourra toujours fabriquer et vendre directement. Le financement sera assuré par deux banques de la place selon une nouvelle approche à mi-chemin entre le système du microcrédit et celui du crédit classique. De cette manière, la stratégie pourra améliorer le niveau de vie de cette population. Là où le plan innove, c’est au niveau de la couverture sociale pour les artisans. Il fallait envisager un système ad hoc pour cette population qui ne peut pas payer la CNSS. Douiri convient que c’est un chantier difficile et ambitieux. «Il est illusoire de créer une couverture sociale pour les artisans. L’équilibre économique est farfelu et puis, nous ne pouvons pas concevoir un système pour une catégorie et pas pour une autre», explique le ministre. Le système envisagé sera à mi-chemin entre l’AMO et le Ramed. Visiblement, le gouvernement cherche à créer un matelas pour meubler un peu l’énorme fossé entre les deux systèmes. Le projet doit tenir en compte la situation de l’artisan, en tant que sous-traitant mobile, qui ne peut être déclaré. Dans cette nouvelle conception, le mot «salarié» ne sera pas utilisé. L’important est de vérifier si l’artisan est couvert, sans s’attarder sur l’identité de celui qui a payé.
SALON MAROCAIN MARIAGE MAROCAIN Séjour Maroc Huile D'argan Caftan Marocain Banque Maroc LOCATION DE VOITURE AU MAROC THALASSO MAROC MAROC FOOTBALL MUSIQUE TUNISIE LOCATION VOITURE TUNISIE FOOT FOOTBAL TUNISIEN THALASSO DJERBA Thalasso en TUNISIE BANQUE TUNISIE |